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Emport de carburant : 10, 30 ou 45 minutes de réserve ?

La panne sèche reste une cause d'accident en aviation légère, et presque jamais parce que le pilote avait mal lu la jauge : parce qu'il avait calculé le trajet, et rien d'autre.

La règle

NCO.OP.125 pose le principe : le commandant de bord ne commence un vol que si l'avion emporte suffisamment de carburant et de lubrifiant. La réserve finale — celle qui doit rester après le trajet prévu — dépend du type de vol.

Type de volRéserve après le trajet prévu
VFR de jour, décollage et atterrissage sur le même aérodrome, en restant toujours en vue 10 minutes à l'altitude de croisière normale
VFR de jour, vers un autre aérodrome 30 minutes à l'altitude de croisière normale
VFR de nuit 45 minutes à l'altitude de croisière normale

Les trois valeurs se retiennent par leur logique : plus l'issue est incertaine, plus la réserve grandit. En tour de piste, le terrain est sous les yeux. En navigation, il faut pouvoir chercher ailleurs. De nuit, chercher ailleurs prend plus de temps et les options se réduisent.

Ce que le calcul doit intégrer, au-delà du trajet

Un plan de vol peut être modifié en vol vers une nouvelle destination, à condition que toutes les exigences soient satisfaites à partir du point où le vol est replanifié. Autrement dit : le changement de destination se calcule, il ne s'improvise pas sur la foi d'une jauge encore haute.

La réserve n'est pas du carburant disponible

Entamer la réserve finale, ce n'est pas « avoir encore trente minutes » : c'est avoir consommé la marge prévue pour l'imprévu. À partir de là, tout ce qui suit — attente, remise de gaz, déroutement — se fait sans filet.

Deux habitudes qui valent mieux que la règle

Compter en temps, pas en litres. La réserve est exprimée en minutes de vol à l'altitude de croisière normale, parce que c'est ce qui se compare directement à une situation en l'air : il me reste tant de minutes, l'aérodrome est à tant de minutes.

Vérifier la quantité réellement embarquée, pas celle qu'on croit avoir. La jauge est une indication ; le contrôle visuel des réservoirs et le calcul à partir de la consommation horaire du manuel sont les seules données fiables. Un plein « fait la semaine dernière » par quelqu'un d'autre n'est pas une donnée.

Sources

Outil d'entraînement à l'examen théorique — ni formation agréée, ni délivrance de titre.

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